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Ralph Vaughan Williams (1872-1958)

mardi 21 décembre 2010, par Philippe Torrens , publié dans

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Cet arti­cle fait par­tie de la série La musi­que en Grande Bretagne au 20e siè­cle.

L’ins­pi­ra­tion de Ralph Vaughan Williams est beau­coup plus sereine et sa vie n’est pas, comme cel­les des pré­cé­dents com­po­si­teurs, celle d’un out­si­der. Il est au contraire un ani­ma­teur par­ti­cu­liè­re­ment actif de la vie musi­cale bri­tan­ni­que.

Il est issu d’une famille aisée qui ne oppose pas à sa voca­tion musi­cale et il suit la for­ma­tion du Royal College of Music, puis, après un pasage à Cambride, va com­plé­ter sa for­ma­tion en Allemagne avec Max Bruch, puis en 1908 à Paris avec Maurice Ravel (qui décla­rera de lui qu’il était le seul de ses élèves à avoir un tem­pé­ra­ment de com­po­si­teur ori­gi­nal).

Sa bio­gra­phie se confond avec sa musi­que. Très vite, il s’inté­resse à la tra­di­tion popu­laire bri­tan­ni­que et se rend dans les cam­pa­gnes pour col­lec­ter les mélo­dies tra­di­tion­nel­les, dont il a par­fois pro­duit des trans­crip­tions pour chœur, pour orches­tre ou pour voix et piano. Il les a tou­te­fois très rare­ment intro­dui­tes dans ses com­po­si­tions. Cela n’empê­che pas son lan­gage musi­cal d’être for­te­ment influencé par les carac­té­ris­ti­ques moda­les de ces mélo­dies, par leur pen­ta­to­nisme. Il se réfère également volon­tiers à la musi­que anglaise de la Renaissance (Variations sur un thème de Tallis) et révise l’English Hymnal pour four­nir à l’église d’Angleterre un recueil de chants débar­rassé des trop nom­breux ajouts du XIXe siè­cle.

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Sa pro­duc­tion est très abon­dante et très diver­si­fiée : neuf sym­pho­nies, dont la pre­mière (Sea Symphony) com­prend des par­ties cho­ra­les. La seconde (London), évoque la capi­tale, ses sons, ses chants et son atmo­sphère. La troi­sième (Pastoral) évoque l’atmo­sphère des cam­pa­gnes à l’époque où il était bran­car­dier sur les champs de bataille du Nord de la France. Chacune a un carac­tère bien mar­qué et l’ensem­ble mon­tre un com­po­si­teur qui, au sein d’un lan­gage cohé­rent, ne craint pas d’explo­rer sans cesse de nou­vel­les voies. Nombreuses sont ses œuvres pour chœur et orches­tre (les can­ta­tes Flos Campi, Toward the Unknown Region). Il a aussi com­posé pour le bal­let (Job), l’opéra (Sir John in Love reprend à Shakespeare le per­son­nage de Falstaff ; Riders to the Sea).

Parmi ses plus bel­les com­po­si­tions, le cycle de mélo­dies On Wenlock Edge(1906), pour ténor et quin­tette avec piano, sur des tex­tes extraits de A Shropshire Lad, un recueil de poè­mes de A.E. Housman qui a ins­piré plu­sieurs autres com­po­si­teurs :

Bien qu’il ait beau­coup com­posé d’œuvres reli­gieu­ses, Vaughan-Williams se défi­nis­sait comme agnos­ti­que : dans sa Messe pour chœur a cap­pella, il s’ins­crit dans la tra­di­tion poly­pho­ni­que d’un Tallis ou d’un Byrd.

S’il tra­vaille ainsi pour l’Église (et les Églises), c’est aussi parce qu’il consi­dère que le devoir d’un com­po­si­teur est de four­nir au peu­ple de son pays les musi­ques dont il a besoin pour ses céré­mo­nies pro­fa­nes ou reli­gieu­ses, son cinéma et ses théâ­tres. Dans son essai, National Music, il expli­que qu’il veut d’abord être un musi­cien local, enra­ciné dans son ter­roir et ses tra­di­tions, au ser­vice de sa société, et qu’il espère par là deve­nir aussi un musi­cien uni­ver­sel.



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