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Passion selon St Jean, 2e Partie,1 : Le procés devant Pilate

mercredi 3 mars 2010, par M. Bannelier , publié dans

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Le Tintoret : Jésus devant Pilate

Cette sec­tion est tour­née vers l’action. Le chœur y prend un rôle pré­pon­dé­rant, non seu­le­ment dans les cho­rals, mais aussi à tra­vers des chœurs de foule très déve­lop­pés et véhé­ments. Bach mon­tre à tra­vers sa musi­que que c’est la foule qui est le moteur du drame, en récla­mant la cru­ci­fixion, alors que Pilate appa­raît fai­ble et irré­solu.

On y retrouve aussi les leit­mo­tivs de cette pas­sion : la royauté du Christ, qui se mani­feste tout au long du dia­lo­gue avec Pilate, et com­ment l’empri­son­ne­ment du Christ per­met de libé­rer les hom­mes. Ce thème atteint son expres­sion com­plète dans le chœur « Par ta cap­ti­vité, Fils de Dieu, la liberté nous est venue ».

15. Choral

Christus, der uns selig macht,
kein Bös’s hat begangen,
Der ward für uns in der Nacht
als ein Dieb gefangen,
Geführt vor gottlose Leut’
und fälschlich verklaget,
Verlacht, verhöhnt und verspeit,
wie denn die Schrift saget.
Christ, qui nous rend heureux,
n’a commis aucun mal.
Il fut pour nous dans la nuit
pris comme un voleur,
conduit devant des gens sans dieu
et faussement accusé,
moqué, bafoué et insulté,
tout comme le dit l’Écriture.

La mélo­die de ce cho­ral date de 1531. Tout comme les paro­les, elle est de Michael Weisse (1480-1534), qui a publié le pre­mier recueil d’hym­nes en alle­mand de l’Église morave (Unitas Fratrum), « Ein New Gesengbuchlen ». Les paro­les sont un tra­duc­tion libre de l’hymne latin « Patris sapien­tia, veri­tas divina ».

Les paro­les résu­ment la pre­mière par­tie et annonce la suite. L’har­mo­ni­sa­tion est assez solen­nelle, car c’est un chœur d’intro­duc­tion. La mélo­die dif­fère un peu de l’hymne ori­gi­nal (il man­que des notes), sans qu’on puisse affir­mer si c’est à Bach qu’on doit cette sim­pli­fi­ca­tion. On remar­quera, sur les mots « comme un voleur, » la basse « ram­pante » en mon­tée chro­ma­ti­que, comme un voleur qui se glisse le long d’un mur. L’har­mo­nie de la fin du cho­ral est un peu archaï­sante, pour évoquer l’ancien­neté des écritures.

Dans son Orgelbüchlein, Bach a ciselé une har­mo­ni­sa­tion à l’orgue de ce cho­ral (avec la mélo­die com­plète cette fois), en ajou­tant un canon à l’octave entre la basse et le soprano (BWV620) :

16. Récitatif

16a.
Evangelista : Da führeten sie Jesum von Kaiphas vor das Richthaus ; und es war frühe. Und si gingen nicht in das Richthaus, auf daß sie nicht unrein würden, sondern Ostern essen möchten. Da ging Pilatus zu ihnen heraus und sprach :
Pilatus : Was bringet ihr für Klage wider diesen Menschen.
Evangelista : Sie antworteten und sprachen zu ihm :
16a. (Jn 18, 28-30a)
L’évangéliste : Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au prétoire ; c’était le matin. Ils n’entrèrent point eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller, et de pouvoir manger la Pâque. Pilate sortit donc pour aller à eux, et il dit :
Pilate : Quelle accusation portez-vous contre cet homme ?
L’évangéliste : Ils lui répondirent :
16b. Chorus
Wäre dieser nicht ein Übeltäter, wir hätten dir ihn nicht überantwortet.
16b. Chœur (Jn 18, 30b)
Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré.
16c.
Evangelista : Da sprach Pilatus zu ihnen :
Pilatus : So nehmet ihr ihn hin und richtet ihn nach eurem Gesetze !
Evangelista : Da sprachen die Juden zu ihm :
16c. (Jn 18, 31a)
L’évangéliste : Sur quoi Pilate leur dit :
Pilate : Prenez-le vous-même, et jugez-le selon votre Loi.
L’évangéliste : Les juifs lui dirent :
16d. Chorus
Wir dürfen niemand töten.
16d. Chœur (Jn 18, 31b)
Il ne nous est pas permis de mettre quelqu’un à mort.
16e.
Evangelista : Auf daß erfüllet würde das Wort Jesu, welches er sagte, da er deutete, welches Todes er sterben würde. Da ging Pilatus wieder hinein in das Richthaus und rief Jesus und sprach zu ihm :
16e. (Jn 18, 32-36)
L’évangéliste : C’était afin que s’accomplît la parole que Jésus avait dite, lorsqu’il indiqua de quelle mort il devait mourir. Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit :
Pilatus : Bist du der Juden König ?
Evangelista : Jesus antwortete :
Jesus : Redest du das von dir selbst, oder habens dir andere von mir gesagt ?
Evangelista : Pilatus antwortete :
Pilatus : Bin ich ein Jude ? Dein Volk und die Hohenpriester haben dich mir überantwortet ; was hast du getan ?
Evangelista : Jesus antwortete :
Jesus : Mein Reich ist nicht von dieser Welt, wäre mein Reich von dieser Welt, meine Diener würden darob kämpfen, daß ich den Juden nicht überantwortet würde ! Aber, nun ist mein Reich nicht von dannen.
Pilate : Es-tu le roi des juifs ?
L’évangéliste : Jésus répondit :
Jésus : Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ?
L’évangéliste : Pilate répondit :
Pilate : Moi, suis-je Juif ? Ta nation et les grand-prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu fait ?
L’évangéliste : Jésus répondit :
Jésus : Mon royaume n’est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ! mais maintenant mon royaume n’est point d’ici bas.
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Jésus devant Pilate (Duccio di Buoninsegna)

Dans cette par­tie, Pilate essaie une pre­mière fois de se débar­ras­ser du pro­blème en lais­sant à la foule le soin de juger Jésus selon la foi juive. Mais la foule ne veut pas de cette solu­tion, car ils ont besoin d’un romain pour condam­ner à mort. Pilate inter­roge alors Jésus sur sa royauté.

Les deux chœurs de ce réci­ta­tif sont tout à fait remar­qua­bles : il sont assez long, alors que le texte sous qui les sous-tend est plu­tôt court, et écrits de manière extrê­me­ment chro­ma­ti­que, si bien qu’il est dif­fi­cile d’en dis­cer­ner la tona­lité (en l’occu­rence ré mineur et la mineur). Ce chro­ma­tisme per­met de mon­trer le mal et la cruauté dans les paro­les de la foule, qui accuse injus­te­ment Jésus (« Si ce n’était pas un mal­fai­teur, nous ne te l’aurions pas livré »), mais ne veut pas le juger selon la loi juive, car alors il ne pour­raient le met­tre à mort (« Il ne nous est pas per­mis de met­tre quelqu’un à mort »). Dans le deuxième chœur, l’accom­pa­gne­ment de l’orches­tre reprend la ritour­nelle uti­li­sée dans les chœurs 2b et 2d, et qui exprime la viva­cité et la super­fi­cia­lité de la foule.

Toutefois, après ces chœurs, l’évangéliste rap­pelle immé­dia­te­ment que la foule, même si elle est cruelle, n’est qu’un ins­tru­ment de la volonté divine : « C’était afin que s’accom­plît la parole que Jésus avait dite ».

Dans le dia­lo­gue qui suit, Bach uti­lise une for­mule agi­tée et guer­rière pour expri­mer le com­bat sur les paro­les de Jésus "mes ser­vi­teurs auraient com­battu pour moi" :

Ecoutons Masaaki Suzuki et le Bach Collegium Japan :

17. Choral

Ach, grosser König, groß zu allen Zeiten,
wie kann ich g’nugsam diese Treu’ ausbreiten ?
Kein’s Menschen Herze mag indes ausdenken,
was dir zu schenken.
 
Ich kann’s mit meinen Sinnen nicht erreichen,
Womit doch dein Erbarmen zu vergleichen.
Wie kann ich dir denn deine Liebestaten
im Werk erstatten ?
Ah, grand roi, grand en tous temps,
comment puis-je suffisamment publier cette fidélité ?
Aucun cœur d’homme ne pourrait
cependant imaginer quoi t’offrir.
 
Je ne peux atteindre par mes sens
ce à quoi comparer ta miséricorde.
Comment puis-je donc te rembourser
tes faits d’amour par des œuvres ?

La mélo­die de ce cho­ral de Johann Crüger était appa­rue au début de la pre­mière par­tie (n°3). Les paro­les sont ici les stro­phes 8 et 9 du même hymne de la pas­sion de Johann Heermann. On com­prend que Bach ait choisi ces stro­phes, car elles s’ins­cri­vent très pré­ci­sé­ment dans ce thème de la royauté du Christ, en pré­ci­sant le dévoue­ment qu’elle ins­pire au fidèle.

L’har­mo­ni­sa­tion très dif­fé­rente du pre­mier chœur com­prend une superbe par­tie de basse, en contre­point rigou­reux (deux notes sur une), qui sou­tient la mélo­die à la manière d’une basse conti­nue, et donne un ton à la fois recueilli et sol­len­nel à cette pièce.

18. Récitatif

18a.
Evangelista : Da sprach Pilatus zu ihm :
Pilatus : Du bist dennoch ein König ?
Evangelista : Jesu antwortete :
Jesus : Du sagst’s, ich bin ein König. Ich bin dazu geboren und in die Welt kommen, daß ich die Wahreit zeugen soll. Wer aus der Wahreit ist , der höret meine Stimme.
18a. (Jn 18, 37-40a)
L’évangéliste : Pilate lui dit :
Pilate : Tu es donc roi ?
L’évangéliste : Jésus répondit :
Jésus :Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.
Evangelista : Spricht Pilatus zu ihm :
Pilatus : Was ist Wahreit ?
L’évangéliste : Pilate lui dit :
Pilate : Qu’est-ce que la vérité ?
Evangelista : Und da er das gesaget, ging er wieder hinus zu den Juden und spricht zu ihnen :
Pilatus : Ich finde keine Schuld an ihm. Ihr habt aber eine Gewohnheit, daß ich euch einen losgebe ; wollt ihr nun, daß ich euch der Juden König losgebe ?
L’évangéliste : Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les juifs, et il leur dit :
Pilate : Je ne trouve aucun crime en lui. Mais, comme c’est parmi vous une coutume que je vous délivre quelqu’un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous délivre le roi des Juifs ?
Evangelista : Da schrien sie wieder allesamt und sprachen :
L’évangéliste : Alors de nouveau tous s’écrièrent :
18b. Chorus
Nicht diesen, diesen nicht, sondern Barrabam !
18b. Chœur (Jn 18, 40b)
Non pas lui, mais Barrabas.
18c.
Evangelista : Barrabas aber war ein Mörder. Da nahm Pilatus Jesum und geißelte ihn.
18c. (Jn 18, 40c ; 19,1)
L’évangéliste : Or, Barrabas était un assassin. Alors Pilate prit Jésus, et le fit flageller.
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Le Christ devant Pilate (anonyme, env. 1500)

Ce réci­ta­tif pour­suit le dia­lo­gue entre Jésus et Pilate sur le carac­tère royal de Jésus. On y retrouve le thème mélo­di­que de la royauté sur les paro­les "Tu le dis, je suis roi". On a déjà évoqué le contraste entre la manière dont Jésus et Pilate pro­non­cent le mot "Vérité". Alors que l’inter­ven­tion de Jésus la met en valeur par un brus­que éclairage har­mo­ni­que, le ton fai­ble et inter­ro­ga­tif de Pilate dis­cré­dite même cette notion de vérité en la citant.

L’inter­ven­tion du chœur est cette fois courte, pour récla­mer la libé­ra­tion de Barrabas plu­tôt que d’épargner Jésus, elle tou­jours accom­pa­gné de la ritour­nelle aux vio­lons, et reprend la mélo­die des deux pre­miers chœurs de foule.

La der­nière inter­ven­tion de l’évangélise illus­tre les coups de fouet de manière très expres­sive :

19. Arioso, basse - Adagio

Betrachte, meine Seel’,
mit ängstlichen Vergnügen,
Mit bitt’rer Lust
und halb beklemmten Herzen,
Dein höchstes Gut
in Jesu Schmerzen,
Wie dir aus Dornen,
so ihn stechen,
die Himmelsschlüsselblumen blühen ;
Du kannst viel süße Frucht
von seiner Wehmut brechen,
d’rum sieh’ ohn’ Unterlaß auf ihn.
Contemple, mon âme,
avec une joie inquiète,
avec un plaisir amer
et un cœur à moitié serré,
ton plus haut bien
dans les douleurs de Jésus.
Comment pour toi, à partir des épines
qui le piquent,
les fleurs des clés du ciel fleurissent ;
tu peux cueillir beaucoup de doux fruits
de sa tristesse,
aussi regarde-le sans cesse.

Après la fla­gel­la­tion, moment très fort de cette par­tie, Bach inter­rompt l’action en pla­çant deux airs très déve­lop­pés. C’est un moment de médi­ta­tion et de réflexion, avant la mar­che vers la cru­ci­fixion.

L’arioso de la basse intro­duit l’air du ténor, c’est une can­ti­lène lente et recueillie, accom­pa­gné par tout l’orches­tre. Le terme arioso dési­gne une pièce inter­mé­diaire entre le réci­ta­tif et l’aria.

Les paro­les pro­vien­nent du livret de Barthold Heinrich Brockes déjà cité. L’ins­pi­ra­tion de ce texte est expres­sé­ment pié­tiste : il incite l’âme du fidèle à une sorte d’union mys­ti­que avec Jésus, par la contem­pla­tion de ses dou­leurs, afin d’en obte­nir les "clés du ciel". Les ima­ges com­plexes et colo­rées (les épines de la cou­ronne qui se trans­for­ment en fleur, puis en clé, puis en fruits) sont typi­ques de l’ins­pi­ra­tion baro­que.

Pour cet arioso, Bach intro­duit un luth dans l’orches­tra­tion. cet ins­tru­ment habi­tuel­le­ment uti­lisé pour la musi­que pro­fane ren­force ici le carac­tère médi­ta­tif de cette pièce.

Continuons avec Suzuki :

20. Aria, Ténor

Erwäge, wie sein blutgefärbter Rücken
in allen Stücken dem Himmel gleiche geht !
Daran, nachdem die Wasserwogen
von uns’rer Sündflut sich verzogen,
Der allerschönste Regenbogen
als Gottes Gnadenzeichen steht
Considère, comme son dos coloré de sang
en tous points ressemble au ciel !
Sur lui, après que les vagues
du déluge de notre péché soient passées,
le plus beau de tous les arcs-en-ciel
est le signe de la grâce de Dieu

On retrouve la même ins­pi­ra­tion pié­tiste dans cet air, tou­jours sur des paro­les de Brockes, et qui va plus loin encore dans la contem­pla­tion mys­ti­que des dou­leurs du Christ, en com­pa­rant le sang sur le dos du Christ à un arc en ciel qui illu­mine le ciel. Le texte ini­tal de Brockes était encore plus étrange et "baro­que" au sens actuel (tra­duc­tion non garan­tie) :

Dem Himmel gleicht sein bunt-gestriemter Rücken
Den Regen-Bögen ohne zahl
Als Lauter Gnaden-Zeichen schmücken ;
Die (da die Sünd-Flut unsrer Schuld verseiget)
Der holden Liebe Sonnen-Strahl
In seines Blutes Wolcken zeiget.
Semblable au ciel est son dos rayé de blessures colorées
que d’innombrabres arcs-en-ciel
décorent en signe de pure Grâce ;
(car il expie le déluge de péchés de notre faute)
le rayon de soleil de l’Amour gracieux
luit à travers les nuages de son sang.

Comprenne qui pourra... Remercions Bach d’avoir sim­pli­fié ces paro­les.

Cet aria est la plus lon­gue de la pas­sion. Bach intro­duit deux vio­les d’amour (qui peu­vent être rem­pla­cées par des vio­lons avec sour­dine), jouant le plus sou­vent ensem­ble à la tierce, qui don­nent un carac­tère gra­cieux et expres­sif à cet aria, comme un air d’amour dans l’opéra ita­lien. Les gran­des tenues sur « Erwäge » (« Considérez »), « Wasserwogen » (« Vagues »), « Regenbogen » (« Arc-en-ciel » per­met­tent aux motifs exu­bé­rants des vio­les d’amour de déve­lop­per ces sym­bo­les.

Harnoncourt, tou­jours :

Ténor : Thomas Moser

21. Récitatif

21a.
Evangelista : Und die Kriegsknechte flochten eine Krone von Dornen und setzten sie auf sein Haupt und legten ihm ein Purpurkleid an und sprachen :
21a. (Jn 19, 2-3a)
L’évangéliste : Les soldats tressèrent une couronne d’épines, qu’ils posèrent sur sa tête, et ils le revêtirent d’un manteau de pourpre ; puis s’approchant de lui, ils disent :
21b. Chorus
Sei gegrüßet, lieber Judenkönig !
21b. Chœur (Jn 19, 3b)
Salut, cher roi des Juifs !
21c.
Evangelista : Und gaben ihm Backenstreiche. Da ging Pilatus wieder heraus und sprach zu ihnen :
21c. (Jn 19, 3c-6a)
L’évangéliste : Et ils lui donnaient des soufflets. Pilate sortit de nouveau et dit aux Juifs :
Pilatus : Sehet, ich führe ihn heraus zu euch, daß ihr erkennet, daß ich keine Schuld an ihm finde.
Evangelista : Also ging Jesus heraus und trug eine Dornenkrone und Purpurkleid, und er sprach zu ihnen :
Pilatus : Sehet, welch ein Mensch !
Evangelista : Da ihn die Hohenpriester und die Diener sahen, schrien sie und sprachen :
Pilate : Voyez, je vous l’amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime.
L’évangéliste : Jésus sortit donc, portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre. Et il leur dit :
Pilate : Voyez, quel homme !
L’évangéliste : Lorsque les grand-prêtres et les huissiers le virent, ils s’écrièrent :
21d. Chorus
Kreuzige, kreuzige !
21d. Chœur (Jn 19, 6b)
Crucifie ! crucifie !
21e.
Evangelista :Pilatus sprach zu ihnen :
Pilatus : Nehmet ihr ihn und kreuziget ihn ; denn ich finde keine Schuld an ihm !
Evangelista : Die Juden antworteten ihm :
21e. (Jn 19, 6c-7a)
L’évangéliste : Pilate leur dit :
Pilate : Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le, car moi, je ne trouve point de crime en lui.
L’évangéliste : Les Juifs lui répondirent :
21f. Chorus
Wir haben ein Gesetz, un nach dem Gesetz soll er sterben, denn er hat sich selbst zu Gottes Sohn gemacht.
21f. Chœur (Jn 19, 7b)
Nous avons une Loi ; et, selon notre Loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu.
21g.
Evangelista : Da Pilatus das Wort hörete, fürchtet’ er sich noch mehr und ging wieder hinein in das Richthaus und spricht zu Jesus :
Pilatus : Von wannen bist du ?
Evangelista : Aber Jesus gab ihm keine Antwort. Da sprach Pilatus zu ihm :
Pilatus : Redest du nicht mit mir ? Weißest du nicht, daß ich Macht habe, dich zu kreuzigen, und Macht habe, dich loszugeben ?
Evangelista : Jesus antwortete :
Jesus : Du hättest keine Macht über mich, wenn sie dir nicht wäre von oben herab gegeben ; darum, der mich dir überantwortet hat, der hat’s größ’re Sünde.
21g. (Jn 19, 8-12a)
L’évangéliste : Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta. Il rentra dans le prétoire, et dit à Jésus :
Pilate : D’où es-tu ?
L’évangéliste : Mais Jésus ne lui donna point de réponse. Pilate lui dit :
Pilate : Est-ce à moi que tu ne parles pas ? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier, et que j’ai le pouvoir de te libérer ?
L’évangéliste : Jésus répondit :
Jésus :Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. C’est pourquoi celui qui me livre à toi commet un plus grand péché.
Evangelista : Von dem an trachtete Pilatus, wie er ihn losließe.
L’évangéliste : Dès ce moment, Pilate cherchait à le libérer.
 
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Ecce homo (Caravage)

C’est à nou­veau le chœur qui mène la danse dans ce réci­ta­tif, Pilate étant de plus en plus effrayé, tan­dis que Jésus lui rap­pelle qu’il est sou­mis à la volonté divine. On y trouve le célè­bre "Ecce homo", que Luther tra­duit par "Voyez, quel homme !"

Le chœur des sol­dats "Salut cher roi des juifs" exprime la déri­sion à tra­vers les cas­ca­des de notes des­cen­dan­tes des flû­tes et haut­bois, qui figu­rent les éclats de rire de la foule, pen­dant que les voix nar­quoi­ses accen­tuent les mots "salut", "cher" et "roi".

Le chœur "Crucifie", très vio­lent, déve­loppe l’image de la croix, avec des croi­se­ments dans les voix, des chro­ma­tis­mes et des dis­so­nan­ces pour expri­mer la dou­leur du sup­plice, et un rythme haché qui mon­tre l’impé­tuo­sité de la foule. le mot "Kreuzige" est répété sur 24 mesu­res (4 x 6 : 4 = nom­bre de la croix, 6 = nom­bre du créa­teur, comme nous l’avons vu dans l’arti­cle sur le chœur d’intro­duc­tion).

Le chœur "Nous avons une Loi" est au contraire très mar­tial et carré, avec une fugue très rigou­reuse, afin d’expri­mer la rigueur de la la loi, et le carac­tère inexo­ra­ble de la sen­tence.

22. Choral

Durch dein Gefängnis, Gottes Sohn,
ist uns die Freiheit kommen.
Dein Kerker ist der Gnadenthron,
die Freistatt aller Frommen ;
Denn gingst du nicht die Knechtschaft ein,
müßt’ unsre Knechtschaft ewig sein.
« Par ta captivité, Fils de Dieu,
la liberté nous est venue. »
Ton cachot est le trône de grâce,
l’asile de tous les fidèles ;
car si tu n’acquiesçais à la servitude,
notre servitude devrait être éternelle.
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Jésus présenté à la foule (Gustave Doré)

Ce texte serait extrait d’un livret de la Passion de Christian Heinrich Postel (1658 - 1755). Postel a été l’écrivain de livrets le plus impor­tant et le plus pro­li­fi­que de l’opéra de Hambourg à la fin du 17e siè­cle.

Comme nous l’avons indi­qué plu­sieurs fois, par sa place au cen­tre de l’œuvre, et par son sens, ce cho­ral est vrai­ment le som­met de cette Passion, car pour Bach il résume l’évangile : la liberté don­née aux hom­mes par la venue et la pas­sion du Christ. Et l’image du Christ empri­sonné qui libère l’homme est plus forte encore que la cru­ci­fixion qui suit.

« Par ta cap­ti­vité, Fils de Dieu, la liberté nous est venue. » : Cette figure de style qui oppose deux par­ties symé­tri­ques est appe­lée un "chiasme", en réfé­rence à la forme en croix... autre sym­bole de la pas­sion.

La mélo­die pro­vient d’un hymne de Johann Hermann Schein (1586 - 1630), paru pour la pre­mière fois à Leipzig en 1628, sous forme d’un "petit chant de conso­la­tion" ("Trost-Liedlein") à 5 voies. Schein était un pré­dé­ces­seur de Bach, can­tor de l’église Saint-Thomas de Leipzig de 1616 à sa mort en 1630, et avait fait paraî­tre un recueil de 237 cho­ral, dont 81 de sa plume.

L’har­mo­ni­sa­tion se carac­té­rise par une voix de basse très expres­sive, qui par­court de grands écarts, en plon­geant dans le grave sur le mot pri­son (la pro­fon­deur du cachot), et en remon­tant pour évoquer la liberté, puis en accen­tuant le mot ser­vi­tude éternelle par une mon­tée chro­ma­ti­que.

23. Récitatif

23a.
Evangelista : Die Juden aber schrieen und sprachen :
23a. (Jn 19, 12b)
L’évangéliste : Mais les Juifs criaient :
23b. Chorus
Lässet du diesen los, so bist du des Kaisers Freund nicht, den wer sich zum Könige machet, der ist wider den Kaiser.
23b. Chœur (Jn 19, 12c)
Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César ; quiconque se fait roi se déclare contre César.
23c.
Evangelista : Da Pilatus das Wort hörete, führete er Jesum heraus, und setzte sich auf den Richtstuhl, an der Stätte, die da heißet Hochpflaster, auf hebräisch aber Gabbatha. Es war aber der Rüsttag in Ostern, um die sechste Stunde ; und er spricht zu den Juden :
Pilatus : Sehet, das ist euer König.
Evangelista :
Sie schrien aber :
23c. (Jn 19, 13-15a)
L’évangéliste : Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors ; et il s’assit au tribunal au lieu appelé le Pavé, et en hébreux Gabbatha. C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs :
Pilate : Voyez, c’est votre roi.
L’évangéliste : Mais ils s’écrièrent :
23d. Chorus
Weg, weg mit dem, kreuzige ihn !
23d. Chœur (Jn 19, 15b)
Ôte-le, ôte-le, crucifie-le !
23e.
Evangelista : Spricht Pilatus zu ihnen :
Pilatus : Soll ich euren König kreuzigen ?
Evangelista : Die Hohenpriester antworteten :
23e. (Jn 19, 15c)
L’évangéliste : Pilate leur dit :
Pilate : Crucifierai-je votre roi ?
L’évangéliste : Les grand-prêtres répondirent :
23f. Chorus
Wir haben keinen König, denn den Kaiser.
23f. Chœur (Jn 19, 15d)
Nous n’avons de roi que César.
23g.
Evangelista :Da überantwortete er ihn, daß er gekreuziget würde. Sie nahmen aber Jesum und führeten ihn hin. Und er trug sein Kreuz und ging hinaus zur Stätte, die da heißet Schädelstätt, welche heißet auf hebraïsch Golgatha.
23g. (Jn 19, 16-17)
L’évangéliste : Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l’emmenèrent. Jésus portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha.
 
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Jésus devant Pilate (Nicolas Maes)

Ce sont les inter­ven­tions fina­les de la foule dans ce pro­cés.

Le chœur "Si tu le relâ­ches" reprend la mélo­die du chœur "Nous avons une loi" : Bach fait ainsi le paral­lèle entre la loi juive et la loi romaine, qui tou­tes deux condam­nent Jésus, du moins d’après la foule.

Pilate énonce à nou­veau le thème de la royauté, en disant "Voyez, c’est votre roi". Mais le chœur "Ôte-le, cru­ci­fie-le" reprend le thème vio­lent du chœur "Crucifie", en ajou­tant les per­cus­sions du mot "weg" répété par tou­tes les voix, ce qui lui donne un carac­tère plus sau­vage.

Enfin, les prê­tres réfu­tent à nou­veau le carac­tère royal de Jésus, et refer­ment la bou­cle en repre­nant le thème des pre­miers chœurs("Jésus de Nazareth") dans le chœur "Nous n’avons d’autre roi que César").

24. Air, Basse soliste et chœur

Solo : Eilt, ihr angefocht’nen Seelen,
geht aus euren Marterhöhlen, Eilt …
Chorus : Wohin ?
Solo : Nach Golgatha !
Nehmet an des Glauben Flügel, Flieht…
Chorus : Wohin ?
Solo : zum Kreuzeshügel.
Eure Wohlfahrt blüht allda
Soliste : Dépéchez-vous âmes inquiètes,
sortez de votre antre de martyre, Dépéchez-vous…
Le Chœur : Où ?
Soliste : A Golgotha !
Prenez les ailes de la foi, volez …
Le Chœur : Où ?
Soliste : A la colline de la croix.
Votre salut fleurit là.

Cet aria de basse accom­pa­gnée les cor­des et par le chœur est sur un texte de Brockes, dont on reconnaît bien le style imagé. Les voca­li­ses inces­san­tes et tor­tu­rées de la basse mon­trent à la fois le mou­ve­ment, la hâte et l’inquié­tude. il s’agit encore d’aller contem­pler les souf­fran­ces du Christ. Le sujet est pro­che du pre­mier chœur de la Passion selon Saint Mathieu (Venez, ô vous, mes filles ; et pleu­rez avec moi). Les inter­ro­ga­tions du chœur où ? se font sur un rythme de plus en plus serré, jusqu’à la réponse du soliste : à Golgotha.

25. Récitatif

25a.
Evangelista : Allda kreuzigten sie ihn und mit ihm zween andere zu beiden Seiten, Jesum aber mitten inne. Pilatus aber schrieb eine Überschrift und setzte sie auf das Kreuz und war geschrieben : Jesus von Nazareth, der Juden König ! Diese Überschrift lasen viel Juden, denne die Stätte war nahe bei der Stadt, da Jesus gekreuziget ist. Und es war geschrieben auf hebräische, griechische und lateinische Sprache. Da sprachen die Hohenpriester der Juden zu Pilato :
25a. (Jn 19, 18-21a)
L’évangéliste : C’est là qu’il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue ; Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, car le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville : elle était écrite en hébreu, en grec et en latin. Les grands-prêtres des Juifs dirent à Pilate :
25b. Chorus
Schreibe nicht : der Juden König, sondern daß er gesaget habe : Ich ben der Juden König
25b. Chœur (Jn 19,21b)
N’écris pas : Roi des Juifs. Mais écris qu’il a dit : Je suis roi des Juifs
25c.
Evangelista : Pilatus antwortet :
Pilatus : : Was ich geschrieben habe, das habe ich geschrieben.
25c. (Jn 19, 22)
L’évangéliste : Pilate répondit :
Pilate : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit.
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Crucifixion (Matthias Grünewald)

Nous voici arrivé à la cru­ci­fixon, et l’ins­crip­tion de "INRI" (Iesus Nazarenus Rex Iudæorum) sur la croix.

Sur "N’écris pas : Roi des Juifs" le chœur reprend la mélo­die du chœur "Salut cher roi des juifs" . C’est un nou­veau chœur de déri­sion, où la foule refuse de reconnaî­tre Jésus en roi des juifs. Les bois repren­nent leurs cas­ca­des de rire.

26. Choral

In meines Herzens Grunde,
dein Nam’ und Kreuz allein
Funkelt all Zeit und Stunde,
drauf kann ich fröhlich sein.
Erschein’ mir in dem Bilde
Zu Trost in meiner Not,
Wie du, Herr Christ, so milde,
dich hast geblut’t zu Tod.
Au fond de mon cœur,
ton nom et ta croix seuls
étincellent à tout temps et heure,
de cela je peux me réjouir.
Apparais-moi en imagination,
comme consolation dans mon besoin :
comment toi, Seigneur Jésus Christ, si doux
tu as saigné jusqu’à la mort.

Les paro­les de ce cho­ral sont extrai­tes d’un hymne pour les mou­rants de Valerius Herberger (1562-1627) "Valet will ich dir geben", écrit pen­dant la grande peste de Silésie en 1613. La mélo­die est d’un Cantor luthé­rien de Silésie, Melchior Teschner, et a été publiée en 1614 avec les paro­les de Herberger.

Ce cho­ral, écrit dans la tona­lité lumi­neuse de mi bémol majeur, est un "tube" : il est main­te­nant très connu en France et sou­vent chanté sur les paro­les de Jacques Tournier "il fait dan­ser les mon­des".

27. Récitatif

27a.
Evangelista : Die Kriegsknechte aber, da sie Jesus gekreuziget hatten, nahmen seine Kleider und machten vier Teile, einem jeglichen Kriegsknechte sein Teil, dazu auch den Rock. Der Rock aber war ungenähet, von oben an gewürket durch un durch. Da sprachen sie untereinander :
27a. (Jn 19, 23-24a)
L’évangéliste : Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas. Et ils dirent entre eux :
27b. Chorus
Lasset uns den nicht zerteilen, sondern darum losen, wes er sein soll.
27b. Chœur (Jn 19, 24b)
Ne la déchirons pas mais tirons à qui elle sera.
27c.
Evangelista : Auf daß erfüllet würde die Schrift, die da saget : Sie haben meine Klei­der unter sich geteilet und haben über meinen Rock das Los geworfen. Solches taten die Kriegsknechte. Es stund aber bei dem Kreuze Jesu seine Mutter und seiner Mutter Schwester, Maria, Cleophas Weib und Maria Magdalena. Da nun Jesus seine Mutter sah und den Jünger dabei stehen, den er lieb hatte, spricht er zu seiner Mutter :
Jesus : Weib ! siehe, das ist dein Sohn !
Evangelista : Darnach spricht er zu dem Jünger :
Jesus : Siehe, das ist deine Mutter !
27c. (Jn 19, 24c-27a)
L’évangéliste : Cela arriva afin que s’accomplît cette parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique. Voilà ce que firent les soldats. Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère :
Jésus : Femme, voilà ton fils.
L’évangéliste : Puis il dit au disciple :
Jésus : Voilà ta mère.
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Calvaire (Andre Mantegna)

Le chœur des sol­dats « Ne la déchi­rons pas mais tirons à qui elle sera » tran­che avec l’ensem­ble de la pas­sion, car aucune émotion ne sem­ble l’attein­dre : Bach signi­fie ainsi que les sol­dats sont tota­le­ment étrangers au drame en cours, ils s’amu­sent à jouer la tuni­que aux dés. La musi­que prend un carac­tère méca­ni­que, comme une boîte à musi­que. Le thème uti­lise une note répé­tée six fois (cor­res­pon­dant aux six faces du dé), pen­dant que la basse répète inlas­sa­ble­ment un motif ryth­mi­que d’accord brisé, appelé aujourd’hui basse d’Alberti (mais Domenico Alberti avait 13 ans au moment de la com­po­si­tion de la pas­sion, et n’a donc pas vrai­ment influencé Bach...). La dis­cus­sion d’abord enjouée s’anime vers la fin, le motif fugué étant repris en strette (avec entrées rap­pro­chées des voix).

28. Choral

Er nahm alles wohl in Acht
in der letzten Stunde,
Seine Mutter noch bedacht’,
setzt ihr ein’n Vormunde.
O Mensch, mache Richtigkeit,
Gott und Menschen liebe,
Stirb darauf ohn’ alles Leid,
und dich nicht betrübe !
Il prit bien soin de tous
à la dernière heure,
pensa encore à sa mère,
lui établit un tuteur.
O homme, fais ce qui est juste ;
aime Dieu et les hommes.
Meurs alors sans aucune douleur,
et ne t’attriste pas !

Ce cho­ral est une reprise du n°11, à la tona­lité et quel­ques notes près, les paro­les étant tirées de la 20ème stro­phe du même hymne de Paul Stockmann. Il résume l’action pré­cé­dente, où Jésus confie Marie et Jean l’un à l’autre, et en tire les ensei­gne­ments, en inci­tant le fidèle à agir aussi serei­ne­ment et jus­te­ment que Jésus à l’heure de sa mort.

Traduction de Philippe Charru et Christoph Theobald



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