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Missa in Simplicitate (1952) de Jean Langlais

En 1952, paraît la Missa « In Simplicitate », (Kyrie, Gloria, Credo Sanctus, Benedictus, Agnus Dei), dédiée à la mezzo-soprano Jeannine Collard.

On demeure frappé, dans cette œuvre, par la façon dont le com­po­si­teur tra­duit en musi­que cha­cun des mots latins de la messe dont il a de toute évidence une com­pré­hen­sion intime et une appro­che pres­que char­nelle.

On connaît peu d’exem­ples, dans l’his­toire de la musi­que, de mes­ses conçues pour une voix et orgue. Ici, la ver­sion rete­nue est celle du chœur de fem­mes à l’unis­son. Le titre « In Simplicitate » évoque la ma­­nière sobre avec laquelle le chant sert sans fio­ri­tu­res les paro­les lati­nes tra­di­tion­­nel­les. Cette sim­pli­cité appa­rente a pour­­tant du mal à cacher la fou­gue ora­toire qui jaillit à par­tir du « reci­tar can­tando », tech­­ni­que de réci­ta­tif mer­veilleu­se­ment déve­­lop­pée en son temps par Monteverdi dans son « Orfeo ».

Après un Kyrie, grande sup­pli­ca­tion sur un thème modal, le Gloria va d’un seul trait sans redite , jusqu’à l’Amen voca­lisé dans l’esprit du Jubilus gré­go­rien. Le Credo, point culmi­nant de l’œuvre en inten­sité et expres­sion, s’achève quant la voix pro­­clame « Et vitam ven­turi sae­culi » en un grand cri relayé par la plé­ni­tude de l’orgue.

Le Sanctus débute par une sorte de médi­­ta­tion dou­lou­reuse bien­tôt inter­rom­pue par une mon­tée en inten­sité attei­gnant sa pleine puis­sance sur les mots « Hosanna in excel­sis » intro­dui­sant un Benedictus re­­cueilli. L’Agnus Dei conclut dans la paix et la dou­ceur, l’idée mélo­di­que du Kyrie, ré­ex­po­sée, affir­mant l’unité de l’ensem­ble.

D’après Marie-Louise Langlais.