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Frank Bridge (1879-1941)

dimanche 23 janvier 2011, par Philippe Torrens , publié dans

Cet arti­cle fait par­tie de la série La musi­que en Grande Bretagne au 20e siè­cle.

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Frank Bridge se trouve à la limite des deux gran­des géné­ra­tions, celle d’Elgar et celle de Britten. Tout ce qu’il écrit avant la pre­mière guerre mon­diale est appa­renté à la fois à Elgar (par son roman­tisme) et à Delius (par son carac­tère contem­pla­tif et par ses har­mo­nies). Contrairement à eux, il com­pose sur­tout de la musi­que de cham­bre et ne pro­duit aucune musi­que cho­rale. Sa seule incur­sion dans le domaine de l’opéra est une œuvre des­ti­née aux enfants (The Christmas Rose, 1929).

Altiste renommé (il joue dans le fameux qua­tuor Joachim, puis dans l’English String Quartet) et chef d’orches­tre, il pos­sède une connais­sance très pré­cise des ins­tru­ments et de leur pos­si­bi­li­tés, ce dont le meilleur témoi­gnage est le poème sym­pho­ni­que The Sea (1910) qui fit une très grande impres­sion sur le tout jeune Britten. Le Sextuor à cor­des (1906-1912) cons­ti­tue un autre som­met de sa pre­mière période.


Extrait de The Sea

Puis Bridge se rap­pro­che de la moder­nité conti­nen­tale : il admire par­ti­cu­liè­re­ment Bartok et Berg, mais gar­dera tou­jours des réti­cen­ces face à Schoenberg, qu’il juge trop théo­ri­que. Lui-même se refuse à intro­duire dans sa musi­que tout élément qui ne ser­vi­rait pas exac­te­ment ce qu’il a envie d’expri­mer et s’efforce d’attein­dre une adé­qua­tion aussi grande que poss­si­ble entre ce qu’il ima­gine et ce qu’il écrit. Il ensei­gnera ces exi­gen­ces à son jeune élève Benjamin Britten.

Sa musi­que est mar­quée par la rigueur de la cons­truc­tion aussi bien que du détail et mani­feste une conti­nuelle évolution. Entre 1914 et le début des années 20, son lan­gage har­mo­ni­que et mélo­di­que devient plus âpre, dans des œuvres pour orches­tre comme Summer (1914-15) et les Deux Poèmes (1916), et dans le 2e Quatuor à cor­des (1915).


2e qua­tuor

Les années 20 le voient adop­ter un tour­nant plus radi­cal, qui éloigne de lui son public habi­tuel. Ces œuvres-là comp­tent en revan­che parmi cel­les qui sont les plus appré­ciées aujourd’hui. Parmi ses plus bel­les réus­si­tes, les 3e et 4e qua­tuors à cor­des (res­pec­ti­ve­ment de 1926 et1937), le trio à cor­des (1928), la pièce pour orches­tre Enter Spring (1927), Oration (1930) pour vio­lon­celle et orches­tre, et Phantasm (1931) pour piano et orches­tre.


extrait de Oration

L’œuvre de Bridge est rela­ti­ve­ment peu abon­dante, mais sa den­sité et son ori­gi­na­lité, qui la dis­tin­gue du style "pas­to­ral" anglais des imi­ta­teurs de Vaughan-Williams, lui valent une estime gran­dis­sante des inter­prè­tes et du public.



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